Les Clauses Sociales à Bruxelles

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Entreprises sociales à l’honneur

Entreprise sociale à l’honneur – la K-Fête

DEPUIS 2006, LA K-FÊTE FOURNIT DES SERVICES TRAITEUR DE QUALITÉ, TOUT EN OFFRANT DES EXPÉRIENCES PROFESSIONNELLES DANS LE SECTEUR DE L’HORECA À DES PERSONNES TRÈS ÉLOIGNÉES DE L’EMPLOI.

Monsieur Danero, vous êtes le directeur de la K-Fête depuis deux ans. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce projet ?

A vrai dire, la K-Fête est une ILDE née en 2007 au sein du projet d’insertion socioprofessionnelle La Chom’Hier.
La Chom’Hier existe depuis 1984. Elle découle d’une initiative citoyenne, sous la forme d’un collectif de chômeurs militants du MOC quia lancé du côté de Schaerbeek des cours d’alphabétisation, des cours d’arabe et un magasin de seconde main.
Dans les années nonante, le collectif passe par une période de reconnaissance et d’agrément. Le projet, qui s’est développé autour de la formation, a évolué dans la foulée de l’alphabétisation en organisme d’insertion socioprofessionnelle (OISP), incluant une école de devoirs orientée vers les adolescents primo-arrivants en tant que projet de cohésion sociale, l’éducation permanente, la remise à niveau et enfin, la préqualification.

En 2005, l’asbl bénéficie d’un contrat de quartier et se voit mettre à disposition le bâtiment qu’elle occupe aujourd’hui à Laeken avec l’AFT Boulot. Une réflexion est menée quant à la meilleure exploitation à faire du lieu, en accord avec l’objectif de cohésion sociale du projet et avec le public cible, et tenant compte de ses besoins de pérennisation financière. C’est le début des activités traiteur et cafétéria d’économie sociale, la naissance de la K-Fête deux ans plus tard.

L’objectif à terme est de faire en sorte que ce lieu devienne un endroit qui s’inscrive dans la vie du quartier, de faire intervenir les habitants de la rue pour créer de la cohésion. En sus des activités traiteur, nous avons une sandwicherie et une cafétéria conviviale, et nous souhaitons accueillir à court terme des brocantes, concerts et soupers-spectacles.



Quel est l’impact social de votre entreprise ?

A travers nos activités Horeca, nous fournissons des opportunités d’expérience professionnelle à des personnes très éloignées de l’emploi. Notre statut d’ILDE induit que nous comptions en permanence 60% de public cible. Actuellement, nous employons 4 personnes sous le statut Programme de Transition Professionnelle (PTP) et 3 sous statut articles 60. Nos articles 60 nous sont envoyés par le CPAS d’Ixelles.

Nous avons quelques « success stories » : notre sous-chef de cuisine actuel est arrivé à la K-Fête via notre filière alphabétisation et de là, a démarré comme commis de cuisine. Notre précédent chef a été engagé au départ comme commis sous le statut PTP. A l’inverse, nous avons engagé un commis sous le statut article 60, avant d’apprendre qu’il avait été directeur d’école primaire au Sénégal. Chemin faisant,nous lui avons proposé de donner des cours d’alpha aux primo-arrivants. Il a finalement été engagé par la Chom’Hier comme formateur.


Quels services offrez-vous aux pouvoirs adjudicateurs bruxellois ?

Nous offrons toute la palette d’un service traiteur traditionnel  : Buffets chauds, buffets froids, petit déjeuners, menus et sandwichs. Nous sommes tout à fait souples et pouvons nous adapter à toutes sortes de demandes pour autant que nous ayons le temps de nous organiser pour y faire face.

Nous n’avons pas de contraintes particulières en matière d’horaire  : nous pouvons travailler tôt le matin pour les petits déjeuners, tard en soirée et le week-end. Notre périmètre est large : il nous arrive d’aller dans le Brabant wallon ou encore à Charleroi. Notre offre comprend, à la demande, la livraison et/ou le service.
Nous prêtons autant que possible attention au durable, mais c’est une tendance embryonnaire que nous souhaitons développer dans les mois à venir. Pour le moment, nous achetons nos jus de fruits et cafés chez Oxfam, et notre boulange à la Ferme Nos Pilifs pour le menu petit-déjeuner.


Quelle est votre expérience des marchés publics ?

Nous n’avons pas encore une très grande expérience de la commande publique. Nous fonctionnons beaucoup par le bouche à oreille au sein de nos réseaux (AID, FEBISP, MOC, ISP, etc.).
Nous travaillons régulièrement pour l’Association belge des Praticiens de l’Art infirmier (ACN), qui nous fait confiance aussi bien pour la livraison régulière des sandwichs que pour les gros évènements impliquant un service traiteur pour 200 personnes. Nous avons déjà travaillé pour le MOC, le Parlement bruxellois, Bruxelles Formation, etc.


Quel conseil donneriez-vous à un pouvoir adjudicateur qui souhaiterait travailler avec vous ?

Je dirais, pour s’assurer un service optimal, qu’il nous sollicite suffisamment tôt. En effet, c’est l’urgence qui peut rendre difficile l’organisation d’un gros évènement. Pour nous, le délai idéal est d’un mois pour les commandes de grosse ampleur. De la sorte, nous pouvons adapter les propositions à la demande. La variété, plus complexe à gérer, demande aussi davantage de temps.
La livraison de sandwichs requiert bien entendu moins d’organisation.


Pourquoi un pouvoir public devrait faire appel à nous ?

Parce que nous sommes mus par une philosophie de responsabilisation des travailleurs. Responsable salle, responsable cuisine, responsable coordination salle-cuisine, responsable commerciale : les rôles sont clairement répartis et chacun sait ce qu’il a à faire. Même les nouveaux arrivants ont quotidiennement des responsabilités, qui varient car ils touchent à tout. Nos travailleurs nous disent : « Je me sens utile, je comprends le sens de mon travail. » Ici ils ne sont pas un « public cible », ils exercent une responsabilité dans le projet.

Restaurant/traiteur social La K-Fête
Rue Fransman, 131 - 1020 Bruxelles
Contact : Fatima Oukhelle
02/241.32.30
ilde@chomhier.be