Les Clauses Sociales à Bruxelles

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Entreprises sociales à l’honneur

Entreprise sociale à l’honneur – L’Ouvroir

L’OUVROIR, ACTIVE DANS LES MÉTIERS DE LA RELIURE, DE LA DORURE ET DU MAILING, EST LA PLUS ANCIENNE ETA DE BRUXELLES… MAIS EST SURTOUT EN PERPÉTUELLE RÉINVENTION.



Monsieur Logghe, vous êtes le directeur de l’ETA l’Ouvroir. Quelle est son histoire ?

L’ouvroir, c’est une entreprise de reliure extraordinaire, la plus ancienne entreprise de travail adapté de Bruxelles. Notre ASBL fêtera ses 100 ans en 2027 !
Créée en 1927 durant l’entre-deux guerres, elle porte alors le doux nom d’Ouvroir des Estropiés et Infirmes rééduqués. Née d’un collectif de parents de personnes en situation de handicap, elle accueille les estropiés de la guerre.

La reliure a toujours fait partie de ses activités. A l’origine, on y faisait aussi du cannage, du garnissage, du rempaillage, de la cordonnerie et de la vannerie.
Aujourd’hui, l’Ouvroir compte 35 travailleurs actifs dans la reliure, la dorure et le mailing, manuel et automatisé. La plupart d’entre eux font un parcours long dans l’entreprise. Nous avons un doreur qui occupe ce poste depuis 20 ans, après avoir été actif 25 ans dans la reliure. Un autre, au mailing, fête ses 30 ans dans l’entreprise cette année, l’année de ses 50 ans. Il tire beaucoup de fierté de son travail et est heureux de transmettre son savoir-faire aux nouveaux arrivants.

Pour nos travailleurs issus de l’enseignement spécialisé, le handicap se conjugue avec un très faible niveau de qualification. L’ETA est quasiment leur seul débouché. C’est pourquoi ils arrivent très jeunes chez nous et y font une carrière longue, la petite taille de l’entreprise permettant un accompagnement personnalisé qui augmente les chances de matching entre l’expérience de travail et le profil du travailleur. Les personnes en situation de handicap ne sont pas toujours en mesure d’adapter leurs compétences aux exigences du métier dans un contexte traditionnel. L’accompagnement personnalisé d’une Entreprise de Travail Adapté leur permet alors de trouver leur place au sein de la société.


Quels services offrez-vous aux acheteurs publics ?

Notre secteur d’activités le plus soutenu par les pouvoirs publics est la reliure. Nous avons énormément de clients dans les cours de justice qui sont soumises à l’obligation de faire relier les décisions de justice, dans les zones de polices, dans les prisons, dans les hôpitaux pour les registres d’admission, etc. Mais nous pourrions être davantage sollicités, pour des dérivés un peu moins connus : registre des condoléances réalisés main, fardes, cartonnages, etc. Nous avons la capacité de sortir 70 livres reliés par semaine. Pour 100 livres à faire relier, nous annonçons 6 semaines au client. Nous avons doublé la capacité de production entre 2013 et 2014.

Notre activité mailing suscite moins de commande publique car les administrations ont souvent leur service courrier interne. Nous avons une section mailing manuel et une section mailing automatisé. Nous travaillons beaucoup pour les mutuelles. Nous avons un partenariat avec la poste. Nous avons une capacité de 20 000 mises sous film et de 10 000 mises sous enveloppe par jour.



Nous sommes conscients que si l’activité d’insertion perdurera, les activités productives doivent s’adapter au marché. C’est pourquoi nous mettons en place un pôle de digitalisation. Grâce à la Febrap (Fédération des ETA bruxelloises) via un projet FEDER, des business développeurs ont pu être engagés, venir sur site, observer les compétences, les acquis, les ressources, et faire la transition entre une idée et sa concrétisation.

Il y a un an, un projet pilote de digitalisation a posteriori a vu le jour au sein de l’ERAP (centre de formation régional des administrations bruxelloises). Celle-ci est soumise à l’obligation d’archiver ses cours mais manque concrètement de place pour conserver les exemplaires papier. Une équipe de l’Ouvroir a donc été mise en enclave sur place pour dégrafer et scanner sur site, avant classement informatique.

Nous travaillons également à mettre en place la digitalisation a priori. Pour exemple, le scannage des factures d’achats des services financiers, avant que ces derniers ne les encodent ou effectuent les paiements. Une solution d’enrichissement de données (Xml) est également envisageable pour faire en sorte que le système client puisse ingurgiter automatiquement les informations digitalisées (pré-encodage / classement, etc.). Ce service vise à rationaliser les étapes d’encodage récurrente ou ponctuelle, comme celles que peuvent induire les enquêtes ou les formulaires de demandes.


Quelle est votre plus-value ?

Nous sommes extrêmement réactifs et créatifs ! Nous avons remporté un concours initié par le service Monuments et Sites de la Ville de Bruxelles, pour la revalorisation des bâches, à l’effigie des façades de la Grand-Place, qui ont été tendues devant les maisons durant leur restauration. Notre collectif, (l’ASPH, le MAD Brussels et Pierre-Emmanuel VANDEPUTTE), a permis la création d’une série de plusieurs centaines de sacs sérigraphiés. Nous avons pu engager deux couturiers sur ce projet inédit, qui donnera peut-être lieu à un partenariat de longue durée et à une diversification pérenne de nos activités.

Grâce à cet appel à projets, le service Monuments et Sites a appris à nous connaitre et fait appel à nous désormais pour la gestion de son mailing. Il y a eu appel d’offres, le service urbanisme a pris contact avec notre deviseur, un premier travail a de fortes chances de nous être attribué, et une seconde demande de prix nous sera soumise la semaine prochaine. A partir de là, une dynamique se met en route : avoir une première chance de faire ses preuves permet de créer de la confiance, et de rassurer l’acheteur.


L’ETA est d’une flexibilité inouïe. Pour un travail spécifique qui sort des sentiers battus, nous trouvons toujours une solution. Nous allons recevoir incessamment du service Monuments et Sites un appel d’offres pour réaliser un travail d’inventaire, ce qui a priori, n’est pas notre cœur de métier, mais ils font appel à l’Ouvroir parce qu’ils connaissent notre souplesse. Nous irons réaliser ce travail en enclave sur site.


Comment les acheteurs publics pourraient-ils vous rendre les marchés plus accessibles ?

En nous faisant confiance, en apprenant à nous connaitre ! Nous sommes d’une flexibilité et d’une inventivité peu communes. Si les acheteurs publics prenaient le pli de se tourner vers nous pour leurs demandes spécifiques, nous aurions l’opportunité d’imaginer des solutions sur mesure pour eux et ce faisant, de diversifier nos compétences et nos activités. Le premier pas pour nous permettre d’accéder aux marchés publics, c’est avant tout de nous donner la possibilité de faire nos preuves.

Pour toutes vos procédures négociées sans publicité, ajoutez systématiquement une ETA dans votre short liste et laissez-vous surprendre !

ETA L’Ouvroir asbl
Rue Bodeghem 78-82a
1000 Bruxelles
Contact : Damien Logghe
louvroir@skynet.be
02/511.04.17