Les Clauses Sociales à Bruxelles

Faites de vos marchés publics des leviers d'insertion professionnelle !

Entreprises sociales à l’honneur

Entreprise sociale à l’honneur - Bouillon de cultureS



SITUÉE À SCHAERBEEK DEPUIS 1980, LA MAISON DE QUARTIER BOUILLON DE CULTURES A PROGRESSIVEMENT DÉVELOPPÉ DES ACTIVITÉS D’ÉCONOMIE SOCIALE PAR LE BIAIS D’UN RESTAURANT DE QUARTIER ET D’UN SERVICE TRAITEUR (SESAM’)



Dans quel contexte l’association Bouillon de CultureS a-t-elle vu le jour ?


Bouillon de Cultures est avant tout une Maison de Quartier. Située à Schaerbeek depuis 1980, elle a pour objectif d’apporter des solutions durables au bien-être des habitants du quartier et de ses environs, en soutenant un projet de société multiculturelle. Initialement développées autour du restaurant et de l’aide scolaire pour les enfants, nos activités se sont diversifiées au fil des années et nous sommes désormais actifs dans 5 secteurs : une école des devoirs et des ateliers créatifs pour les 6-12 ans (Aurora) ainsi que pour les jeunes de 12 à 15 ans (@touts Possibles), un groupe d’entraide scolaire à partir de la 4e secondaire lequel propose également des projets citoyens (GES), des cours d’alphabétisation et des activités d’éducation permanente pour les adultes (Adultes) ainsi qu’un restaurant et un service traiteur (Sesam’ pour Secteur d’économie sociale et d’activités multiculturelles). Nous sommes agréés en tant qu’association d’économie sociale d’insertion et en tant qu’Initiative Locale de Développement de l’Emploi depuis 2008.




Quel est l’impact social de vos activités ?


Dans le cadre de nos activités d’économie sociale, notre mission d’insertion socioprofessionnelle est la face visible de l’iceberg. L’idée est de faire découvrir à nos employés – engagés dans le cadre des contrats article 60 ou ACS jeunes – un métier et ainsi de réintégrer la sphère professionnelle. Ce processus repose également sur un accompagnement psychologique et social (aide à la recherche de logement, compréhension du français, …). Mais notre impact va bien au-delà, de par notre rôle de Maison de quartier. Notre ancrage local renforce en effet l’impact de nos activités. Le restaurant est un restaurant de quartier, en contact direct avec les habitants et les travailleurs. Le traiteur veille également à garder une clientèle associative active dans le quartier. Les deux entités veillent à acheter leurs produits dans des commerces du quartier (boucherie, boulangerie). Nous sommes également coopérateurs du supermarché BEES Coop et veillons à faire découvrir leurs produits à notre clientèle pour l’amener à consommer plus local. Enfin, l’ensemble de nos activités visent à soutenir un projet de société multiculturelle et c’est ce message de tolérance, de militantisme, de mieux-vivre ensemble social et culturel que nous communiquons à nos clients.




Parmi les services que vous développez, lesquels intéressent le plus les acheteurs publics ?


C’est notre service traiteur qui rencontre le plus de succès auprès des acheteurs publics, soit via des procédures négociées, soit via des appels d’offre. Pour le moment, nous avons un marché public fixe avec l’administration de la Commune de Saint-Josse-Ten-Noode. Nous nous engageons également dans des procédures négociées mais de façon plus ponctuelle, le plus souvent auprès des institutions européennes ou de la Commune d’Anderlecht. C’est notre capacité d’adaptation qui explique ce succès. Nous sommes à l’écoute du client et nous n’hésitons jamais à adapter notre service à ses exigences (menu à thème, recherche de salles, animations pendant l’événement, …) même s’il venait à ne pas recourir nos services. Ce qui fait également notre plus-value, c’est l’aspect humain et chaleureux sur lequel reposent nos prestations. Nous n’avons pas les mêmes moyens que nos concurrents ordinaires mais nous compensons en chaleur humaine et créativité (présentation ludique et originale des plats).





Quelle est votre expérience des marchés publics ?


Cela se passe généralement bien mais cela dépend de la nature du marché public. Travailler avec certaines instances publiques (telles que la Commission européenne ou le Comité économique et social européen) peut en effet occasionner une charge de travail supplémentaire (contrôles de sécurité, multiplication des interlocuteurs, …). Lorsque le budget est limité et la contrainte importante, on réfléchit vraiment avant de s’engager car notre but premier n’est pas de générer du chiffre. Certains de ces marchés nous obligeraient à engager davantage de personnel, ce que nous ne pouvons pas nous permettre. Nous pesons le pour et le contre avant de répondre à ce type de marché public pour s’assurer qu’il y a un équilibre durable.




Pourriez-vous décrire une expérience particulièrement réussie, voire exemplaire, de marché public ?


Notre collaboration avec les institutions européennes depuis 2015 se passe très bien. Satisfaits de nos prestations, certains employés de la Commission nous ont recommandés auprès du Comité économique et social et vice et versa. Cela se passe tellement bien que nous avons eu une réunion avec eux pour envisager un partenariat un peu plus consolidé. De telles collaborations présentent par ailleurs l’avantage de pouvoir opérer un travail de sensibilisation à l’économie sociale et ses valeurs. De par notre présence, nous leur montrons qu’il est possible de travailler autrement et cela permet de changer les mentalités. Nous veillons toujours qu’un temps de parole nous soit accordé pour présenter le travail de Bouillon de Cultures et l’économie sociale. C’est par ailleurs gratifiant pour notre personnel et ça le responsabilise.




Comment les acheteurs publics pourraient-ils rendre la procédure plus accessible ?


Nous recherchons avant tout que les marchés publics nous apportent une stabilité qui nous permette de travailler notre objectif principal, à savoir l’insertion socioprofessionnelle. La stabilité pour ce public est indispensable et fait office de tremplin vers le monde du travail. Or ce n’est pas toujours le cas et les marchés publics amènent parfois plus d’instabilités, ce qui nous fait du tort. Lorsque les contraintes nous semblent trop importantes, et que cela est possible, nous n’hésitons pas à rajouter une clause dans nos offres. Globalement, les politiques devraient davantage encourager le développement des clauses sociales dans les marchés publics pour donner plus de moyens aux acteurs de l’économie sociale.



41, rue Philomène 1030 Bruxelles
02 210 94 20
www.bouillondecultures.be
info@bouillondecultures.be